Des mots durs
des mots creux
des mots pourtant réels
trop vrais pour s'effacer.
Les cicatrices extérieures s'estompent
la machine infernale du temps accomplissant son ½uvre.
Les blessures intérieures demeurent.
A chaque jour, chaque heure
elles semblent s'agrandir
peser toujours plus lourd.
Une âme égarée
dont le glas sonne comme la cloche de l'école.
A l'heure où l'insouciance est de mise
l'emprise de la noirceur s'abat sur elle.
Solitude, honte, désespoir, exclusion.
Son quotidien, supporter ses sentiments sans mot dire.
Elle hurle pourtant sa douleur, cruelle, lancinante
qui au demeurant reste inaudible
pour des étrangers trop axés sur eux-mêmes pour distinguer ne serait-ce qu'un murmure.
Alors elle s'emmure
toujours plus dans un profond gouffre sans nom.
Elle croit pouvoir se réfugier dans son seul salut
la nuit de l'âme.
Chaque mot, chaque geste est empreint d'une souffrance indicible
un sos qui reste lettre morte.
Elle ne désire plus rien
Elle s'efface seulement un peu plus chaque jour
jusqu'à désirer être invisible.
Le danger pour elle n'est plus
cela fait longtemps qu'elle est descendue du train de la vie
où s'engouffrent les autres.
Ces autres qu'elle craint
qu'elle fuit comme l'enfer.
La mort ne fait pas partie de la vie
la vie fait partie de la mort.
Ses désirs, ses espoirs, ses envies, tout s'est envolé.
Elle ne souhaite plus rien
elle veut juste s'arrêter de penser.
Elle avance pourtant
et tombe inexorablement.
Mais elle se relève à chaque fois
reprenant son fardeau.
Qui pourrait le prendre en charge à sa place...
Les mots raisonnent dans son esprit dés½uvré
s'entrechoquent
se mêlent.
Abandon, anorexie, viol, suicide, inconscience, maladie
Un jour elle tombe et ne se relève pas.
Manifestation extérieure de folie pour les autres
souffrance inexorable mise à nu pour elle.
Le couteau la lacérant ne parait dirigé par personne mais par sa seule rage.
Rage qui se mue en ardente volonté de revanche.
L'ange déchu se relève.
L'espoir, toujours concept vide pour elle
qui découvre seulement la possibilité de vivre hors d'un silence destructeur.
Seul désir sous-jacent, un jour trouver celui qui pansera ses blessures
ne faire plus qu'un avec lui
ne plus regarder en arrière mais se persuader qu'il existe un avenir hors des abîmes de l'égarement d'une âme solitaire...