Une seconde, un siècle?
Même les sens ne peuvent le dire
Une seule est toujours là pour nous rappeler ce que l'on appelle existence, la conscience.
On la croit tour à tour amie ou ennemie
elle peut être objective ou faussée...
Comment s'y fier lorsque le doute et la langueur nous envahissent
quand ils nous rongent à en mourir
Une vie en ces moments-là n'est plus réduite qu'à une longue agonie
Traverser les vicissitudes de cette vie maudite
c'est finalement marcher sur les charbons ardents de l'espoir...
Espoir, un mot sonnant comme un réconfort inqualifiable
mais pourtant qui peut certifier qu'il existe?
L'espoir ou la croyance aveugle en quelque chose d'impalpable
un danger sans nom
plus grand encore que le gouffre du désespoir menaçant sous nos pieds
Dans cette course contre la peur
une seule lueur salvatrice
celle d'un monde intérieur
imaginaire peut-être mais bien là.
Sans même savoir qui l'a dit chacun répète sans en saisir la substance " un homme s'en va et c'est un monde qui part avec lui"...
Dans le temps imparti à l'humain,
notion temporelle si terrifiante érigée en ennemie à abattre,
tenter de ne pas se perdre est la seule façon de ne pas boire la tasse
voir sa misérable enveloppe charnelle noyée sous les vagues de la terreur
plus prosaÏquement parfois
emportée par des substances si attirantes pour une âme perdue...
Savoir que l'on est, connaître son monde intérieur
le conserver comme l'un des trésors les plus lointains et les plus nébuleux
comme un bonheur secret quasi insaisissable qu'un homme n'aura jamais en sa possession
reste le seul remède à un égarement sans limites dans les limbes attractives de la mort